dimanche 11 mars 2012

Dans "Working Holiday Visa", il y a aussi "Working"!

6 semaines se sont déjà écoulées depuis ma dernière visite sur le blog! Six semaines, et pourtant, peu de choses à raconter... Tout est relatif bien entendu!

Je vous avais laissé à mon départ d'Adélaïde, ville que j'avais beaucoup apprécié. J'avais donc quitté Adélaïde avec deux copains, un Anglais et un Français, à destination de Mildura, petite ville située dans l'état du Victoria, à la frontière du New South Wales. L’Australie étant un pays cher et mes finances n'étant pas extensibles infiniment, il était temps de laisser de côté la partie "vacances" de ce voyage et de se concentrer sur la partie "travail" pour quelques semaines. On nous avait recommandé un "working hostel" (auberge de jeunesse qui cherche du boulot pour les gens qui y logent) dans cette ville et cela nous semblait le moyen le plus facile pour commencer nos recherches. L'époque était propice, la récolte du raisin allait bientôt commencer et autour de Mildura, il n'y a que des raisins et des oranges (je caricature un peu mais c'est pas loin d'être vrai).



Mildura est situé le long de la Murray River, à la frontière du NSW.

Nous nous sommes donc retrouvés dans un working hostel qui est finalement simplement une maison dans laquelle nous étions 18 à vivre quand c'était plein. 18 personnes, une petite cuisine, 4 taques, une salle de bain, des conditions idéales pour vivre comme vous pouvez l'imaginer! La propriétaire du backpacker nous conduisait tous les matins au travail avec son vieux bus scolaire pour la modique somme de 10$ par jour. Et oui, les backpackers sont une industrie en Australie et les gérants de ces auberges de jeunesse savent que la plupart des voyageurs n'ont pas le choix, ils DOIVENT travailler car ils n'ont plus d'argent, dès lors ils DOIVENT se rendre à la ferme et, s'ils n'ont pas de voiture, ils DOIVENT payer 10$ pour le trajet.


La maison vue de derrière. Il y avait en fait deux maisons 18 personnes dans l'une (la mienne) et 12 dans l'autre.

Mon lit pendant la plupart de mon temps ici. Max l'Allemand en-dessous de moi, il était là du début à la fin et je pars à Adélaïde avec lui.

La boulot n'a pas été bon pendant les deux ou trois premières semaines. J'ai cueilli des oranges la première semaine, 8 heures de boulot par jour pour environ 75$ (moins les taxes), pas dingue comme qui dirait! Ensuite, pendant deux semaines, j'ai été faire du "grape picking" dans une petite ferme familiale. On cueillait du raisin destiné à être séché au soleil pour en faire - je vous le donne en mille - des raisins secs! Le boulot est plutôt simple, deux personnes, une de chaque côté de la vigne, on cueille tous les raisins et on les met dans un seau à nos pieds. Un seau pèse environ 9 kilos une fois plein et il nous rapporte...82 cents (moins taxes). Ce boulot était meilleur que le précédent mais ça ne restait pas exceptionnel, je travaillais 10 heures par jour non stop pour être payé environ 100$. Cela dit, tout dépend des vignes. Certaines personnes travaillaient dans des fermes où il y avait plus de raisins dans les vignes, ce qui implique évidemment qu'on remplit plus rapidement les seaux et qu'on gagne mieux sa croute.

Dans vignes, les seaux débordant de raisins attendent d'être ramassés.

Mes comparses pour Adélaïde, Robby et Max, dont le boulot consistait à charger les seaux sur la remorque pendant toute la journée.
Une fois la remorque pleine, il faut décharger les seaux sur ces lits sur lesquels ils sécheront pendant deux-trois semaines avant de tomber dans des filets tendus à leur base.

Finalement, après trois semaines sur place, j'ai enfin réussi à dégoter un job payé à l'heure (19$). Je devais faire du "summer pruning". C'est toujours dans les vignes et ça consiste à couper au sécateur les branches des vignes afin que la vigne "s'ouvre" (pas évidemment à expliquer en fait). Du fait que les branches ont été coupées, la sève ne parvient plus aux raisins qui sèchent sur des câbles tendus dans les rangs. Après avoir séché pendant deux à trois semaines, le fermier passe avec une machine pour récolter les raisins secs. C'est donc une autre technique pour les raisins secs, je ne sais même pas pourquoi tout le monde ne fait pas comme ça, c'est plus rapide, plus facile et plus économique... Bref, je m'égare! Le boulot consistait donc à couper ces branches 7 heures par jour ainsi qu'à cueillir les grappes restées sur le haut de la vigne (bonjour les crampes à la main à la fin de la journée!). Très bon boulot cela dit car payé à l'heure, c'est nettement moins stressant qu'au rendement et je gagnais la même chose en travaillant 7 heures pépère que ce que je ne gagnais dans la ferme précédent en dix heures à bloc.


Encore des raisins, pas très variés, je vous avais prévenus!
... 

Mon dernier job n'aura duré que deux jours, du grape picking à nouveau mais pour le vin cette fois-ci. Beaucoup de raisins donc ça valait le coup.

Comme je l'ai laissé imaginer, la propriétaire des lieux est à l'extrême limite de l'honnêteté, elle n'entretient pas ses maisons, nous harcèle pour le loyer même si elle ne nous a pas trouvé de boulot, trouve les prétextes les plus fantaisistes pour refuser de rendre leur caution aux gens qui partent (elle sait très bien qu'ils ont en général un bus à prendre et peu de temps pour rouspéter, hop, 50$ dans la poche), n'a aucune organisation,... Mais comme elle le dit elle-même, si on n'est pas contents, on peut toujours partir, il y aura toujours d'autres backpackers pour prendre notre place...

Pleine lune sur la Murray River.

Australian sunset, breathtaking!

Le tableau que je viens de vous peindre n'étant pas très glorieux, vous vous demandez sans doute ce qui m'a poussé à rester si longtemps dans cet endroit. Fair enough. C'est finalement très simple, les autres backpackers! Les autres backpackers qui sont dans la même mouise que toi et avec qui, étant dans une situation précaire, tu tisses des liens plus forts que si tu les rencontrais simplement en road trip. L'ambiance dans la maison était excellente même si on passait le plus clair de notre temps à casser du sucre sur le dos de Vickey, la responsable. La plupart des gens restent au minimum deux, trois semaines ce qui fait qu'on apprend vraiment à bien les connaître, certains sont restés pendant six semaines dans ma chambre, y'a rien à faire, ça crée des liens, on rigole, on se plaint, on s'entraide, on re-rigole,... J'ai vraiment eu la chance de rencontrer ici des gens super, des gens avec des valeurs auxquelles j'adhère, des gens chaleureux, accueillants, toujours prêts à vous filer un coup de main si nécessaire, des gens venant de partout en Europe, se taquinant les uns les autres sur les clichés propres à chaque pays, des gens avec leurs parcours propres, leurs projets, leurs rêves,... Quel bonheur de s'asseoir à 10-15 autour d'une table à la fin de la journée, prendre une bière et discuter de tout ça, de nos expériences, de nos espoirs, de nos projets, de nos familles respectives,... Ca va me manquer!

La fine équipe de la fin du séjour, je n'ai pas de photos du début de mon séjour donc vous verrez toujours les mêmes têtes! Français, Allemands, Hollandais et Belge sont représentés sur la photo.



Jour de pluie, obligés d'aller se réfugier sur la terrasse de la maison voisine étant donné qu'il pleuvait sur la nôtre et que nous n'avions aucune pièce commune... Good day, though!

Le programme maintenant est assez simple, quitter cette ville mardi pour Adélaïde où j'ai envie de retrouver les gens que j'y avais rencontré en janvier pendant quelques jours puis commencer la route vers Melbourne et surtout la Tasmanie, que j'attends avec impatience! Vous savez ce qu'il arrive aux plans en Australie et il y a donc de plus grandes chances que je me retrouve à Uluru dans deux semaines plutôt que Melbourne mais bon, il faut quand même un projet, un objectif, pour le moment, c'est la Tasmanie avec quelques arrêts avant d'arriver là.

I'm gonna miss Mildura, not fot the work, not for the accomodation, but for the great people i've met here, hope to see you guys again!
Haaave you met...?

The Goon?!

Le goon (de l'aborigène, ça signifie "pillow" (oreiller) littéralement) est une institution en Australie, l'un des piliers de son économie, sans doute l'une des raisons pricipale pour laquelle le pays ne ressent pas trop la crise mondiale et pourtant...si vous parlez de goon à un Australien, il vous regardera avec des yeux ronds, n'ayant aucune idée de ce à quoi vous faites allusion.

Le Goon, au centre de la photo, est une institution en Australie (pour les backpackers s'entend).

Pourquoi me direz-vous? Pour une raison fort simple, le goon est en fait le nom donné par les backpackers au vin vendu dans des cubis. L'Australie doit être l'un des pays qui taxe le plus l'alcool, une bouteille de vodka qui coûterait environ 14€ en Belgique revient ici à environ 45$ ; un "six pack" de bières vous coûtera 17$ pour du bas de gamme,... Le backpacker étant par définition désargenté, ingénieux et désireux de faire la fête de temps à autre, c'est devenu sa boisson de prédilection. Son prix est en effet abordable (11$ pour 4 litres de délicieux Fruity Lexia) et son goût passable (très sucré). Les Australiens l’appellent simplement "a carton of wine" et n'utilisent pas ce charmant sobriquet : "goon", je ne sais pas trop pourquoi. Mais, nous disions donc que goon signifie oreiller en aborigène, drôle de nom pour du vin en boîte... Je vous disais plus haut que le backpacker est ingénieux par nature, en effet, lorsque le vin est vide, il est possible de récupérer le sac dans lequel il était et de le gonfler, faisant de la sorte un oreiller tout à fait passable et surtout, facile à dégonfler pour voyager par après.

Démonstration! Cela dit, il est conseillé de moins gonfler le sac pour plus de confort.

En Australie, c'est interdit pour les grandes surfaces de vendre de l'alcool, l'alcool se vend uniquement dans des magasins dédiés à cet effet, appelés "bottle shop" ou "liquor shop". Ces derniers étant constamment en rupture de stock de goon, j'en déduis que grâce aux (trop) nombreux backpackers présents en Australie, l'industrie vinicole australienne bas de gamme se porte bien, donnant du même coup un coup de boost à l'économie du pays, empêchant, ainsi que je le disais en préambule, le pays de trop connaître la crise.

Il est possible que certains faits cités ci-avant ne soient pas entièrement exact, à moins que oui.

mercredi 1 février 2012

3500 km plus tard...

Encore un mois de passé, ma belle résolution d’écrire une fois toutes les deux semaines semble décidemment bien difficile à tenir ! Cela dit, écrire maintenant a plus de sens que d’écrire il y a deux semaines vu que je suis arrivé à la fin d’une partie de mon voyage !


Lac aux alentours d'Espérance [cliquez pour agrandir]





Petit retour dans le temps, nous sommes le 6 janvier, fête des Rois, et je quitte Pemberton et cette chouette aventure que fut l’helpx chez Kevin et Bianca. Je pense être resté une semaine de trop chez eux, la dernière semaine était un peu tendue, j’avais envie de partir,… mais bon, pas de regrets, c’était super et cette dernière semaine en demi-teinte n’aura rien changé à ça ! Je quittais donc Pemberton et me dirigeais vers Margaret River, ville (et région) mondialement connue pour ses vignobles et ses plages de surf ! Je n’avais pas vraiment de projet, je comptais arriver en ville, me renseigner sur les possibilités de boulot et, en fonction des réponses reçues, travailler ou continuer mon périple le long de la côte ouest puis sud. Il faut savoir que MR a été touchée par des feux de forêt assez récemment à cause de feux de prévention qui ont mal tournés (j’ai rencontré un couple d’Américains qui ont tout perdu dans le feu, leurs deux maisons, leurs vignes, ils gardaient malgré tout le sourire, je ne sais pas comment ils faisaient…).

Le contraste à Margaret River entre la désolation des forêts brulées et la mer toujours aussi puissante.


Malgré le fait que la ville soit renommée pour ses vins et son surf, la mascotte de la ville est une vache, pourquoi pas...


Beaucoup de kangourous dans la région! Ici, une mère et son petit...


Il s’est finalement avéré que la saison de picking n’avait pas encore commencé et ne commencerait pas avant deux nouvelles semaines. Pas question donc de rester à MR pendant tout ce temps, à 32$ la nuit dans l’auberge de jeunesse, c’est une ruine ! J’ai finalement fait un « wine tasting tour » avec un Français, Adrien, qui m’a proposé de venir avec lui et ses deux copines en road trip vers Sydney, libre à moi de les quitter quand je voulais. La suite de mon voyage était donc décidée : road trip ! Notre wine tasting tour était par ailleurs très sympa, certains vins australiens sont vraiment bons mais par contre leurs fromages n’ont aucun goût, c’est effrayant ! Leur chocolat et leurs bières sont ok, rien de très excitant mais toujours meilleur que leurs fromages, vraiment.

Vignoble dont j'ai oublié le nom.


Le lendemain de mon anniversaire, bon pied bon oeil, dans un parc national d'Albany.


Me voila donc parti avec Adrien (de Marseille), Ophélie et Aurore (de Brest) sur les routes de l’Australie du sud-est. Nous avions un grand break tout équipé, les filles dormant dans la voiture et Adrien et moi dans ma superbe tente ! De Margaret River nous sommes partis vers Walpole, sur la côte sud, qui est une ville qui borde la vallée des géants (en référence aux énooormes arbres qu’on trouve là-bas) pour ensuite continuer vers Denmark et Albany. C’est vraiment une belle région, entre grandes forêts et littoral de rêve, un mélange pas banal !

De gauche à droite, moi, Aurore, Adrien et Ophélie.

Petit détour de quelques km pour aller voir une plage dont le nom nous inspirait, Peaceful Bay...

A Walpole, il existe un circuit de quelques centaines de mètres qui nous emmène dans les arbres, à 40 mètres de hauteur pour pouvoir profiter de la vue sur cette Vallée des Géants.


Denmark est sans aucun doute la ville qui m’aura le plus plu durant le trip. La ville en elle-même est relativement petite et sans grand intérêt mais la plage où nous campions était superbe et la nature autour de la ville était superbe ! Adrien et moi avons décidé de faire une marche histoire de découvrir les environs de manière différente. La Bibbulmun track est une randonné qui part de Perth et arrive à Albany, 1000km plus loin. L’idée était donc d’emprunter une partie de cette randonnée et de nous faire une journée plus sportive. C’était vraiment une super idée, la randonné commençait par 10 km sur la plage jusqu’aux endroit touristiques de Denmark (Green Pools et Elephant Rocks, superbe !) pour ensuite s’enfoncer dans le bush et nous offrir des points de vue de la côte tous plus beaux les uns que les autres. Nous avons finalement marché entre 25 et 30 km, ce qui était bien plus que ce que nous avions prévu et nous sommes donc rentrés fatigués mais heureux au camping. La marche permet vraiment de voir un endroit différemment, ça permet d’accéder à des endroits inaccessibles autrement (Monkey Rocks) et surtout, ça nous laisse le temps d’admirer tous ces paysages. Ce fut également l’occasion pour moi de prendre mon premier bain dans l’océan austral.

En bas à gauche, le symbole de la Bibbulmun track. En face, le genre de paysage qu'on a pu admirer...


La piste est entièrement aménagée; un obstacle? Pas de soucis, y'a des escaliers!


Monkey Rocks. 5 km assez escarpés pour y parvenir mais quelle récompense!


Panorama de la vue à Monkey Rocks (gardez en mémoire que ça vaut pas le quart de la beauté que ça dégageait en vrai).


Elephant Rocks à Denmark, superbe!


Malheureusement, la voiture rendit l’âme entre Albany et Espérance ! La voiture, qui appartenait à Ophélie et Aurore, a été remorquée à Albany avec les filles tandis qu’Adrien et moi avons continué vers Espérance en stop, Adrien étant quelque peu pressé étant donné qu’il avait un avion à prendre à Sydney dix jours plus tard. C’était donc parti pour le stop, Espérance n’était après tout qu’à 500 km de là… Après plus de deux heures d’attente en plein soleil, un van conduit par une vraie hippie australienne s’est finalement arrêté et nous a amenés jusqu’à Espérance, merci Indigo (oui oui, c’est son nom). Des amis d’Adrien louent une maison à Espérance et nous avons donc squatté chez eux pendant deux jours avant de reprendre la route. Espérance a les plus belles plages que j’ai pu voir dans ma vie, mieux que les Caraïbes !

L'endroit exact où la voiture rendit l'âme, le stop peut commencer!

Plage d'Espérance, no comment...


Pour que vous vous rendiez bien compte de la couleur de l'eau!





Je vous présente Sammy, célébrité locale d'Espérance et qui vit sous la jetée (de 500m...).


Notre première expérience du stop s’étant bien passée, la folie des grandeurs vint nous frapper et nous avions décidé de rejoindre Adélaïde (qui était ma destination) en stop, pas moins de 3000 km en stop donc, et à travers la plaine du Nullarbor qui est un désert très aride… Finalement, nos plans changèrent étant donné qu’Adrien s’est profondément entaillé le pouce (6 points de suture finalement) et qu’il n’était pas question de nous lancer dans la traversée du désert avant que son pouce n’ait été soigné. Nous avons donc continué en stop en direction de Kalgoorlie, ville minière de son état. On se serait cru dans un western, c’est la première fois que j’allais dans une ville minière (pleine de chercheurs d’or !) et ça correspond vraiment aux clichés, c’était assez marrant. Nous avons eu la chance dans cette ville de rencontrer deux femmes sensationnelles, Susan et Lyn, qui se sont occupées de nous, pauvres backpackers que nous sommes !  Elles ont emmené Adrien chez le docteur où il n’a dû payer que le vaccin qu’on lui a injecté, Lyn nous a hébergé pendant deux jours avant de nous conduire à la gare, Sue nous a fait un peu visiter les alentours,… Vraiment deux femmes gentilles au possible avec qui nous avons eu de chouettes discussions et auxquelles je ne manquerai pas d’envoyer des nouvelles de mon trip !

Tout avait bien commencé, premier trajet en camion de ma vie (je crois...).


Mais une fois que ce panneau fut sortie, plus rien, personne ne s'est arrêté pour nous pendant 24 heures, jusqu'à ce qu'Adrien se blesse en fait...


Mine d'or de Kalgoorlie, ce petit bébé pèse 166 tonnes, a un réservoir de 3792 litres, peut transporter jusqu'à 225 tonnes à une vitesse de 55km/h. Son prix? 4M$. Il n'y en avait "que" 31 sur le site.


Nos plans étant chamboulés, nous avons décidé de finalement prendre le train jusqu’à Adélaïde où nos chemins se sépareraient. L’Indian Pacific train est le train qui relie Perth (côte ouest) à Sydney (côte est) et il s’avère qu’il passe par Kalgoorlie et Adélaïde, parfait pour nous donc ! Nous avons donc pris ce train et 30 heures plus tard (deux nuits et une journée), nous étions à Adélaïde, South Australia. Le décalage horaire a changé, il y a maintenant…9h30 de décalage avec la Belgique, je ne savais même pas qu’il existait des décalages qui ne soient pas « ronds ».  Adrien s’est alors envolé pour Sydney alors que j’ai trouvé une auberge de jeunesse très sympa dans le centre dans laquelle je resterai jusqu’au 28 janvier environ, ce qui me permettra de vivre l’Australian Day (fête nationale) dans une grande ville. L’auberge est vraiment sympa, beaucoup de (belles) rencontres en quelques jours avec parfois un sentiment de « rha, dommage qu’on ne voyage pas dans le même sens » lors de l’un ou l’autre départ.


L'Indian Pacific Train relie Perth à Sydney et est l'un des deux trains mythique d'Australie (l'autre étant le Ghan, entre Adélaide et Darwin).

La plaine de Nullarbor, le même paysage pendant 15 heures, sans exagérer! Pas un arbre... On a vu des dromadaires sauvages aussi.


Adélaïde est une ville très sympa, très verte, dans laquelle il est très facile de se déplacer grâce aux bus gratuits et aux vélos gratuits qui sont mis à disposition de tout un chacun. L’Australie ne manquant pas de place, les rues sont très larges et les parcs très nombreux, ce qui rend la ville très agréable à visiter. C’est une sensation assez bizarre lorsqu’on arpente pour la première fois les rues d’une ville, on ne connaît rien, tout nous est inconnu, pas spécialement accueillant et pourtant, à peine dix jours plus tard, en repassant par ces mêmes rues pour quitter Adélaïde, je pouvais penser à des moments que j’avais passé dans ces rues, des rencontres que j’avais faites,… Dix jours suffisent finalement à – un petit peu – s’approprier une ville, s’y créer des souvenirs, des points de repère,… Je ne manquerai pas d’y retourner quelques jours. Comme vous le savez probablement, l’Australie étant originellement peuplée essentiellement de bagnards, amenés en droite ligne de l’Angleterre. Adélaïde se targue d’être la seule ville (d’une certaine importance) qui a été créée et habitée par des gens libres et non des bagnards, ils en tirent une certaine fierté.

Pas beaucoup de photos d'Adélaide (peut-être bientôt sur Facebook, je me tâte) mais voici une vue du jardin botanique de la ville.
On m'a appris que j'étais lu dans des contrées aussi exotiques que la Flandre! Petite dédicace, donc... :)



J’ai quitté Adélaïde avant-hier, direction Mildura, ville de 50.000 habitants dans l’état du Victoria. Je suis parti avec James et John, à la recherche de travail. Nous avons déjà fait deux jours à récolter des oranges mais je ne ferai pas ça très longtemps, j’aurais l’impression de me faire exploiter. Nous sommes en effet payés au rendement et chaque m³ d’oranges que nous cueillons nous revient à 27$...or, il nous faut environ 1h30 pour remplir une « bin » seul, 9$/h, on va chercher autre chose !!

Encore une petite photo d'Elephant Rocks...


Point de vue à Albany.


Cacatoes noir, apparemment en voie d'extinction en Australie, très bel oiseau qui vole un peu comme un rapace et a un cri plus joli que son cousin, le cacatoes toukour.


Haaave you met… ?

J’avais envie depuis quelques temps d’ajouter une section à mes articles, une section qui ne sera peut-être pas présente dans chaque article mais via laquelle je vous présenterai un animal, un insecte, un personnage,…qui aura croisé mon chemin ici bas.

Plus impressionnant quand on l'a près de ses "slash"


…the Bull Ant ?! Les bull ants (fourmi taureau littéralement, myrmecia de leur petit nom latin) sont une espèce de fourmi endémique à l’Australie et qui mesure entre 15 et 40 mm. Je vous en parle parce que j’ai eu la chance de croiser leur chemin plusieurs fois à Pemberton et qu’elles sont vraiment impressionnantes, énormes ! Elles sont très agressives : si vous ramassez un bout de bois et qu’une bull ant est dessus, elle ne va pas attendre de voir quelles sont vos intentions, elle va venir vous piquer directement. Et c’est là que c’est moins drôle de croiser leur chemin car leurs piqures sont vraiment douloureuses (je comparerais ça à une piqure de guêpe mais qui durerait plus longtemps). J’ai été piqué deux fois dont la seconde qui fut vraiment désagréable (sur l’articulation d’un doigt) et je fais désormais attention de ne pas croiser leur chemin !

mercredi 28 décembre 2011

HelpX à Pemberton, WA.

Avant toute chose, je vous souhaite un Joyeux Noël à toutes et à tous !!!

Après un mois en Australie, le moment est venu, une fois de plus, de vous relater mes dernières semaines au pays d'Oz. Je vous avais laissé alors que j'étais revenu d'un trip sur la côte ouest qui m'en avait mis plein les yeux! Après ce trip, j'étais de retour à case départ, Perth, où il me fallait décider de ce que je voulais faire. Allais-je continuer en mode road trip? Tenter de travailler à Perth? Prendre l'Indian Pacific train pour Adélaide? C'est ça qui est finalement excitant en voyageant comme ça, c'est ce choix qu'on a en permanence quant à la prochaine étape.

Coucher de soleil sur une plage de Perth.
Les buildings de Perth, vue que j'avais tous les jours pendant une semaine, j'y ai pris goût.

J'ai finalement décidé de passer une semaine à Perth, le temps d'un peu organiser la suite de mon voyage et le temps de souffler un petit peu. Cette semaine à Perth ne fut pas des plus agitées, j'ai rempli mes dernières obligations administratives, ai récupéré mes cartes de banque, mon tax file number,... Pour le reste, je me suis beaucoup baladé dans la ville, ai lu quelques bouquins (mon sac s'alourdit!) et ai profité de la tranquillité de ma nouvelle auberge qui était vraiment super! On se serait cru dans un B&B, la salle commune avait des canapés capitonnés, une grande table où tout le monde mangeait, une petite terrasse intérieure,... Auberge très sympa donc mais la vie en ville coûte cher, très cher, pas question d'y rester plus d'une semaine sans avoir de boulot.

Coucher de soleil sur Pemberton, WA.


L'idée pendant ce voyage étant de goûter un peu à tout, j'ai décidé de faire de l'helpX, de l'helpexchange pour être complet. Le principe est simple, on s'inscrit sur un site (, on paye) et on a accès à une liste de gens qui cherchent de l’aide pour accomplir certaines tâches chez eux. L’idée est de travailler la matinée pour les gens chez qui l’on est (environ 4-5 heures de travail) et, en échange, on reçoit le gîte et le couvert. Ca permet de ne plus gaspiller trop d’argent et d’avoir du temps libre chaque après-midi, on est donc plus libres qu’en travaillant et la vie coûte moins cher qu’en « zonant » simplement. On trouve tous types d’annonces sur ce site, d’un couple qui a une ferme et qui vous loge dans un pavillon en vous fournissant chaque jour un peu de nourriture (en vous offrant donc pas mal d’autonomie) à la famille qui vous accueille dans leur maison en vous invitant à partager chaque repas avec eux,…

Karri forest.



J’ai finalement opté pour la maison de Kevin et Bianca, située non loin de la ville (que dis-je, la mégapole !) de Pemberton, à environ 330km au sud de Perth. Je suis chez eux depuis le 11 décembre et y resterai sans doute jusqu’au Nouvel An. Leur accueil fut excellent, ils sont tous les deux professeurs à l’école du village et ils ont un fils – adorable – Jasper. Kevin est prof de musique et sait jouer à peu près tous les instruments, il adore partager sa passion et les trois « helpers » et moi-même avons commencé à jouer de divers instruments. J’ai personnellement opté pour le ukulélé et je pense avoir trouvé mon instrument de prédilection ! Seulement 4 cordes, un manche plus étroit que la guitare et des accords assez simples ! Le rendu est plutôt bon et nous nous retrouvons souvent autour du feu, le soir, à jouer divers instruments ; Kevin à la flute ou au ukulélé, Yohann (helper français de son état) à la guitare (qu’il gère comme il faut !) et moi au ukulélé. Bianca quant à elle est prof d’art pour l’instant mais a également été prof d’anglais par le passé. Elle adore le monde du cirque et le Japon pour y avoir passé un an durant sa jeunesse. Leur maison est d’ailleurs pensée autour de ces deux thèmes puisque les portes sont des panneaux coulissant version japonaise et qu’un trapèze pend au milieu du salon (oui oui).

Kevin et Bianca, nos hôtes!

Jasper!

Ukulele powaaa!

Ma su-per-be caravane, au milieu du "circle of trees", endroit où l'on se pose de temps en temps le soir...
Pemberton est situé dans le South West et les paysages sont bien différents de ce que j’ai pu voir lors de mon trip sur la côte ouest. C’est beaucoup plus vert, il y a d’immenses forêts de Karri (eucalyptus), d’exploitations forestières, beaucoup de fermes en tous genres (avocats, pommes, oranges, citrons,…). Le temps y est plus doux et mouillé également, lors de ma première semaine ici, nous avions régulièrement des averses le matin pour nous rafraichir durant notre dur labeur, bien agréable ma foi ! Le sud-ouest est réputé pour ses plages de surf (Margaret River sera sans doute l’une de mes prochaines destinations) et pour ses vignobles qui jalonnent la région. On trouve également beaucoup de rivières, de lacs, de collines, c’est fort différent de la côte ouest, vraiment ! Les forêts d’eucalyptus sont très impressionnantes, tant ces arbres sont hauts, ils grandissent en hauteur pendant les premières années de leur vie et, une fois leur taille atteinte, ils « grossissent » et gagnent en diamètre. Ils mesurent en moyenne 60 mètres de hauteur, peuvent atteindre 14 mètres de diamètre et vivre jusqu’à 400 ans ! J’ai eu l’occasion d’en escalader un et c’est assez impressionnant lorsqu’on se trouve à 75 mètres du sol (bicentennial tree), surtout en sachant que pour monter, il y a seulement des échelons enfoncés à même le tronc !

Le Bicentennial Tree (75m) vu du dessous.


La vue en haut du Bicentennial Tree, arbre qui servait autrefois à la prévention des "bushfires", une personne se tenait en haut et sonnait l'alerte en cas de fumée.

Photo de la vu que l'on a en escaladant l'arbre (environ à 60m sur la photo).


Nous sommes pour l’instant quatre helpers à aider cette famille, tous francophones ! Yohann et Camille sont là depuis une semaine et Daisy est arrivée quelques jours avant moi, ils sont tous très sympas, souriants, ouverts,… Je dors dans une caravane située non loin de la maison mais nous partageons tous les repas tous ensemble, avec Kevin, Bianca et Jasper. C’est ce que je cherchais finalement, trouver une famille pour laquelle je pourrais un peu travailler mais une famille qui veuille m’accueillir dans leur famille pour quelques temps et ne me voient pas QUE comme deux mains supplémentaires pour s’occuper du jardin. Je suis extrêmement bien tombé ici, comme Kevin le dit souvent, c’est un échange, ils nous apprennent énormément de choses sur la vie australienne, leurs us et coutumes, la manière de s’occuper d’un jardin, le travail du bois, la musique, l’anglais,… et en échange, on leur apporte notre sueur pendant quelques heures et notre culture de manière générale.

Kevin qui apprend le maniement du bois à Daisy.

Santa et Camille, de Brest.

Daisy, notre Bordelaise!
Yohann et ma personne.
Kevin et Bianca ont un mode de vie assez particulier, ils essaient tant que faire se peut de se débrouiller avec ce que la nature leur apporte. Idéalement – et d’ici quelques années d’après Kevin – ils planteraient pas mal d’arbres fruitiers et de légumes afin de pouvoir être autonomes de ce point de vue-là. Ils ont quelques panneaux solaires qui leur procurent de l’énergie toute la journée (un générateur est nécessaire pour utiliser le mixer J ), leur eau potable est de l’eau de pluie récoltée durant l’hiver, leur eau courante provient directement d’un étang au fond de leur « jardin », leurs toilettes sont des toilettes sèches,… Un mode de vie très en phase avec la nature. Ils ont un potager assez fourni qui nous permet de manger régulièrement des épinards, du mais, des concombres,… et leurs quelques arbres fruitiers leur fournissent plus qu’assez de fruits pour pouvoir tenir toute l’année en confitures ! Ils ont planté une centaine de chênes il y a quatre ans et espèrent avoir des truffes d’ici 3-4 ans et en faire commerce (ils ne sont pas les seuls à avoir eu l’idée, le prix de la truffe a été divisé par trois en quatre ans en Australie !).

Les pois !
La masion vu par l'arrière.
Le potager.

Le travail est assez simple, on fait surtout beaucoup de jardinage avec Kevin, même si les filles aident parfois Bianca avec les tâches ménagères. On a, par exemple, passé pas mal de temps à lui confectionner un nouveau compost, à tondre ses prairies, à ratisser, à déplacer diverses choses, construire une passerelle,… On travaille de 8h à 12h30 avec un « morning tea » vers 10h.

L'intérieur de la maison.

Karri Forest.
 
Autant mes premières semaines ici et mon trip à Exmouth ont été placées sous le signe de l’émerveillement pour les yeux, autant ces deux dernières semaines ont été placées sous le signe de la rencontre. C’est plus compliqué à faire passer via le blog comme sensation (pas de photos de plages paradisiaques cette fois-ci !) mais tout aussi gai. Les rencontres furent diverses, les plus importantes étant bien entendu celle de mes hôtes ainsi que celle avec les autres helpers présents ici. Mais il y en eut d’autres, nous avons par exemple été rendre visite à un ami de Kevin, un dénommé Ian qui cultive et fait commerce des noix de macadamia. Parti pour acheter quelques kilos de noix et de bambous, nous sommes finalement restés plus de quatre heures chez lui à l’écouter parler, nous raconter mille et une histoires sur son pays et plus particulièrement le Western Australia et tous les dangers qui les guettent (exploitation minière intensive, chalutiers au large des récifs de corail,…), le tout en mangeant des framboises, des mures, des noix de macadamia (si, si), des cherimoya’s, le tout en provenance directe de son jardin. Un autre soir, nous sommes partis à un barbecue avec Kevin et Bianca et avons fait la connaissance de Eugène qui nous a raconté son histoire, comment il a quitté une situation aisée à Perth (il était pilote de l’air) pour acheter une ferme d’avocats à Pemberton et recommencer de zéro avec sa femme. Oser, c’était un peu le message qu’il voulait nous faire passer, quitter ce qui ne nous rend pas heureux et faire ce qu’on aime. Ca sonne cliché bien entendu mais j’y crois de plus en plus. Il y eut bien d’autres rencontres mais le but n’est pas de toutes vous les relater, simplement vous dire que ces dernières semaines furent placées sous ce signe des rencontres.
Jasper qui fait le clown près du sapin.
Soirée autour du feu.

Le programme pour maintenant est encore un peu flou. Je suis déjà là depuis un mois et je me rends compte que je n’ai encore rien vu – pour ainsi dire – de l’Australie. L’idée serait donc de rester plus longtemps ici, pour me permettre de faire le tour du pays sans devoir me presser outre mesure, ça me permettrait de faire de l’helpx dans une ferme de crocodiles dans le Queensland ou encore une ferme perlière à Broome. Les premiers renseignements ont été pris, je gagnerais environ 300€ en déplaçant mon vol retour de quelques mois (environ octobre)… Mmmmh décision à prendre bientôt afin de pouvoir organiser la suite de mon voyage (le programme ne sera pas le même si je pars dans 5 ou 10 mois).
Bigbrook Ban, lac d'eau douce dans lequel on va nager environ tous les deux jours.

Je vous tiendrai au jus d’ici quelques jours mais je pense qu’on se dirige vers ce cas de figure, le prolongement du séjour au pays d’Oz ! :) 

Kangourou!

Prochaines nouvelles d’ici…quelques temps ! Si je décide de travailler pendant un mois, ce sera sans doute dans un mois, si je décide de voyager, ce sera sans doute plus tôt,… Time will tell !

Bianca qui fait du "poï" (bolas).
L’information inutile du jour ? Le Western Australia est, comme je vous l’avais déjà expliqué, la partie gauche de l’Australie (sur environ un tiers de la largeur). Ajoutons quelques chiffres à ce fait : dans cet état, on trouve la bagatelle de 12.000 km de côte (contre les 66 km de côte que compte la Belgique pour vous donner une idée), un désert de 2.700 km de long (la plaine de Nullarbor), un point culminant à 90 mètres de hauteur, une randonnée de 1000 km,... Le Western Australia est l’Etat de la démesure, le train le plus long du monde circule ici avec pas moins de 648 wagons (c’est un train de marchandises comme vous vous en doutez). 

Canard sur Bigbrook Ban.

Au cas où des amateurs d'oiseaux me liraient...
Cicada en pleine métamorphose devant ma caravane.

P.S. : ma carte de GSM belge a rendu l'âme...